Partir c'est mourir un peu
Ça fait maintenant plus d'un mois que je suis rentrée au pays. Si j'en crois mon livre (que je vous recommande soi-disant en passant), The big guide of living and working overseas, le "choc du retour" dure environ 1/3 du temps que l'expatrié a passé à l'étranger, alors je devrais normalement être "réintégrée" sous peu. ;)
En effet, selon ce livre, après les premiers temps qu'il passe à visiter sa famille et ses amis et à découvrir ce qui a changé en son absence, l'expatrié vit ensuite un choc. En effet, l'expatrié est un peu désappointé, se sent un peu "déconnecté" de ses amis, sa famille et de la vie en général, il a les nerfs à fleur de peau, etc. Le retour est souvent plus pénible que le choc culturel à l'arrivée dans un nouveau pays car, lorsqu'on quitte, on s'attend à ressentir un choc, mais pas lorsqu'on revient à la maison... De plus, l'expatrié s'ennuie de ses amis et du style de vie qu'il avait adopté à l'étranger, il devient critique face à la société puisqu'il a connu une autre manière de concevoir les choses et il est souvent incompris de ses proches...
J'ai vécu un peu tout cela depuis mon retour... En effet, il a fallu que je change mes heures de repas, que je me réhabitue aux vagues de chaleur humide, au système de transport en commun, au clavier Qwerty et à une foule de petites choses qui sont différentes. Ensuite, il a fallu que je "digère" les commentaires désobligeants du style "Pis, c'était comment les vacances?" (comme si je n'avais pas travaillé 38h/semaine pendant 5 mois!) et il fallu que j'accepte que mes ami(e)s n'étaient pas vraiment interressé(e)s par ce que j'avais vécu, mais seulement par ma vie sentimentale et sexuelle (comme si c'était la seule chose qui compte dans la vie). Il a aussi fallu que je me réhabitue à la société nord-américaine où la consommation est sans cesse encouragée, le sexe omniprésent et où l'argent est la valeur principale. Vous me direz que c'est la même chose ailleurs, mais je l'ai vraiment plus ressenti depuis mon retour, au point même de me sentir quelque peu "agressée", surtout lorsque je déambule sur la rue Sainte-Catherine par une belle journée ensoleillée.
Toutefois, peu à peu, la routine se réinstalle malgré "la nostalgia che soffia verso est se sono giù" (Tiziano Ferro) quand mes amis restés sur le vieux continent m'écrivent des courriels. Cependant, j'ai tout de même le goût de repartir, envers et contre tous, et ces jours-ci je me renseigne pour poursuivre mes études et/ou travailler à l'étranger. C'est pourquoi ce blogue parlera maintenant moins des différences culturelles et des trucs pour les expatriés, mais un peu plus des différents programmes et des tracasseries administratives lorsque l'on désire s'expatrier... Alors, à bientôt!

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